Imágenes de páginas
PDF
EPUB
[blocks in formation]

Ils disent que les éclipses présagent malheur, parce que les malheurs sont ordinaires, de sorte qu'il arrive si souvent du mal, qu'ils devinent souvent; au lieu que s'ils disaient qu'elles présagent bonheur, ils mentiraient souvent. Ils ne donnent le bonheur qu'à des rencontres du ciel rares ; ainsi ils manquent peu souvent à deviner'.

174

3

[ocr errors]

*77]

Misère. Salomon et Job ont le mieux connu et le mieux parlé de la misère de l'homme: l'un le plus heureux, et l'autre le plus malheureux ; l'un connaissant la vanité des plaisirs par expérience, l'autre la vérité des maux.

173 Cf. B., 337; C., 289; Faug., I, 210; Hav., XXV, 13; Mol., 1, 114;

Mich., 325. 1. (Qu'elles sont ordinaires et.)

2. C'est l'exemple que la Logique de Port-Royal reprend, pour illustrer le sophisme post hoc ergo propter hoc: « Que s'il arrive quelquefois des guerres, des mortalités, des pestes et la mort de quelque prince après des comètes ou des éclipses, il en arrive aussi sans comètes et sans éclipses ; et d'ailleurs ces effets sont si généraux et si communs, qu'il est bien difficile qu'ils n'arrivent tous les ans en quelque endroit du monde : de sorte que ceux qui disent en l'air que cette comète menace quelque grand de la mort, ne se hasardent pas beaucoup. » (Troisième partie, ch. XIX, sect. 3.)

[ocr errors]

174 Cf. B., 196 ; C., 7; P. R., XXVIII, 45; Bos , II, xvii, 58; Faug., II, 79;

Hav., XXIV, 48; Mol., I, 68; Mich., 215. 3. C'est-à-dire, pour Pascal, l'auteur de l’Ecclésiaste.

[blocks in formation]

175

431)

Nous nous connaissons si peu que plusieurs pensent aller mourir quand ils se portent bien ; et plusieurs pensent se porter bien quand ils sont proches de mourir, ne sentant pas la fièvre prochaine, ou l’abcès prêt à se former'.

[ocr errors][merged small]

Cromwell allait ravager toute la chrétienté ; la famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son uretère. Rome même allait trembler sous

2

174 bis

Cf. B., 20; G., 40; Faug., II, 79; Mico., 41.

175 Cf. B., 380; C., 339; Faug., I, 199; Hav., XXV, 8; Mol., I, 43;

Mich., 717

1. Pascal se souvient ici d'un passage de Montaigne : « Combien a la mort de façons de surprinse ?

Quid quisque vitet, nunquam homini satis
Cautum est in horas !

le laisse à part les fiebvres et les pleuresies, » etc. (I, 19).

176 Cf. B., 393; C., 263; P. R., XXIV, 14; Bos., I, vi, 7; Faug., I, 185 ;

Hav., III, 7; Mol., I, 115; Mich., 485.

2. Même en surcharge.

lui ; mais ce petit gravier s'étant mis là, il est mort, sa famille abaissée', tout en paix, et le roi rétabli.

177

73]

[Trois hôtes.] Qui aurait eu l'amitié du roi d'Angleterre', du roi de Pologne et de la reine de Suède, aurait-il cru manquer de retraite et d'asile au monde ?

49]

178 Macrobe : des innocents tués

par

Hérode..

1. (Et.)

2. Olivier Cromwell est mort en septembre 1658 (d'une fièvre maligne et non de la gravelle, fait remarquer Havet). Son fils Richard lui succéda comme protecteur, mais il ne garda le pouvoir que quelques mois; en mai 1660 Monk fit rendre le trône au fils de Charles [er. Le fragment a été écrit au plus tôt en mai 1660.

177 Cf. B., 19; C., 38; P. R., XXIX, 34; Bos., I, 1x, 38; Faug., I, 187;

Hav., VÍ, 35; Mol., I, 113; Mich., 205. 3. Charles jer fut décapité, comme on sait, en 1649 ; la reine Christine abdiqua en 1654. Quant au roi de Pologne, Jean Casimir, il fut dépossédé de son royaume en 1656, mais il le reprit dans le cours même de l'année ; c'est probablement, comme le remarque Havet, en 1656 que ce fragment a été écrit. Pascal inaugure le thème des Rois en exil que Voltaire a développé d'une façon si brillante et qui est un lieu commun de la littérature contemporaine. Ces trois noms que réunit Pascal sont rapprochés également par La Rochefoucauld dans des Réflexions diverses, XVII : Des événements de ce siècle.

178 Cf. B., 164; C., 194; Faug., II, 384; Mol., II, 14; Mich., 130.

4. « Cum audisset inter pueros quos in Syria Herodes rex Judæorum intra bimatum jussit interfici, filium quoque ejus occisum, ait Mallem Herodis porcus esse quam filius . » (Saturnales, IV, 4, p. 11).

179

Première Copie 394)

Quand Auguste eut appris qu'entre les enfants qu'Hérode avait fait mourir au-dessous de l'âge de deux ans, était son propre fils, il dit qu'il était meilleur d'être le pourceau d'Hérode, que son fils'. Macrobe, livre II, Sat., chap. iv.

[blocks in formation]

Les grands et les petits ont mêmes accidents, et mêmes fâcheries, et mêmes passions ; mais l'un est au haut de la roue, et l'autre près du centre, et ainsi moins agité par les mêmes mouvements a .

179 Cf. C., 365; Faug., II, 384 ;Hav., XXV, 198; Mol., II, 14; Mich., 955.

1. Un mot analogue se retrouve dans la vie de Diogène le Cynique: « Ayant remarqué à Mégare que les moutons y étaient gras et couverts de bonne laine au lieu que les enfants y étaient presque tous nus : « J'aimerais mieux, dit-il, être mouton que fils d'un Mégarien. » (Traduction de Racine, Ed. Mesnard, t. V, p. 516.)

ܕ

180 Cf. B., 379; C., 339; P. R., XXIX, 25; Bos., I, iv, 31; Faug., I, 187;

Hav., VI, 28; Mol., 1, 113; Mich., 766. 2. Pascal s'est souvenu de Montaigne : « Les ames des empereurs et des savatiers sont iectees a mesme moule : considerants l'importance des actions des princes, et leur poids, nous nous persuadons qu'elles soient produictes par quelques causes aussi poisantes et importantes ; nous nous trompons : ils sont menez et ramenez en leurs mouvements par les mesmes ressorts que nous sommes aux nostres ; la mesme raison, qui nous faict tanser avecques un voisin, dresse entre les princes une guerre ; la mesme raison, qui nous faict fouetter un laquay, tumbant en un roy, luy faict ruyner une province ; ils veulent aussi legierement que nous, mais ils peuvent plus ; pareils appetits agitent un ciron et un elephant. » (Apol.)

181

67]

Nous sommes si malheureux que nous ne pouvons prendre plaisir à une chose qu'à condition de nous fâcher si elle réussit mal'; ce que mille choses peuvent faire, et font, à toute heure. [Qui] aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire, aurait trouvé le point ; c'est le mouvement perpétuel '.

[blocks in formation]

Ceux qui, dans de fåcheuses affaires, ont toujours bonne espérance, et se réjouissent des aventures heureuses, s'ils ne s'affligent également des mau

181 Cf. B., 15; C., 33; P. R., XXIX, 36; Bos., I, a, 66; Faug., I, 194 ;

Hav., VI, 63; Mou., 1, 111; Mice., 189. 1. Dans une lettre qui paraît écrite à Domat vers 1661, Pascal condamne cette disposition chez ses amis de Paris : « Ils croient rendre service à Dieu en murmurant contre les empêchements, comme si c'était une autre puissance qui suscitât leur piété, et une autre qui donnât vigueur à ceux qui s'y opposent. C'est ce que fait l'esprit propre. Quand nous voulons par notre propre mouvement que quelque chose réussisse, nous nous irritons contre les obstacles, parce que nous sentons dans ces empêchements ce que le motif qui nous fait agir n'y a pas mis, et nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées. »

2. Le mot manque dans le manuscrit.

3. C'est-à-dire que l'idéal proposé ici est aussi incompatible avec les conditions de l'activité humaine que l'idéal de la perpétuité est incompatible avec les conditions du mouvement terrestre.

182 Cf. B., 365; C., 324; Faug., I, 194; Hav., XXV, 6; Mol., I, 124 ;

Місн.,

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

745.

« AnteriorContinuar »