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Nous sommes si malheureux que nous ne pouvons prendre plaisir à une chose qu'à condition de nous fâcher si elle réussit mal'; ce que mille choses peuvent faire, et font, à toute heure. [Qui] aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire, aurait trouvé le point; c'est le mouvement perpétuel '.

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*440)

Ceux qui, dans de fâcheuses affaires, ont toujours bonne espérance, et se réjouissent des aventures heureuses, s'ils ne s'affligent également des mau

181 Cf. B., 15; C., 33; P. R., XXIX, 36; Bos., I, ix; 66; Faug., I, 194 ;

Hav., ví, 63; Mol., I, 111; Mich., 189. 1. Dans une lettre qui paraît écrite à Domat vers 1661, Pascal condamne cette disposition chez ses amis de Paris : « Ils croient rendre service à Dieu en murmurant contre les empêchements, comme si c'était une autre puissance qui suscitât leur piété, et une autre qui donnat vigueur à ceux qui s'y opposent. C'est ce que fait l'esprit propre. Quand nous voulons par notre propre mouvement que quelque chose réussisse, nous nous irritons contre les obstacles, parce que nous sentons dans ces empèchements ce que le motif qui nous fait agir n'y a pas mis, et nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées. »

2. Le mot manque dans le manuscrit.

3. C'est-à-dire que l'idéal proposé ici est aussi incompatible avec les conditions de l'activité humaine que l'idéal de la perpétuité est incompatible avec les conditions du mouvement terrestre.

182 Cr. B., 365; C., 324; Faug., I, 194; Hav., XXV, 6; Mol., I, 124;

Mich., 745.

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Quand Auguste eut appris qu'entre les enfants qu'Hérode avait fait mourir au-dessous de l'âge de deux ans, était son propre fils, il dit qu'il était meilleur d'être le pourceau d'Hérode, que son fils”. Macrobe, livre II, Sat., chap. iv.

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Les grands et les petits ont mêmes accidents, et mêmes fâcheries, et mêmes passions ; mais l'un est au haut de la roue, et l'autre près du centre, et ainsi moins agité par les mêmes mouvements '.

179 Cf. C., 365; Faug., II, 384 ;Hav., XXV, 198; Mol., II, 14; Mich., 955.

1. Un mot analogue se retrouve dans la vie de Diogène le Cynique: « Ayant remarqué à Mégare que les moutons y étaient gras et couverts de bonne laine au lieu que les enfants y étaient presque tous nus : « J'aimerais mieux, dit-il, ètre mouton que fils d'un Mégarien. » (Traduction de Racine, Ed. Mesnard, t. V, p. 516.)

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Cf. B., 379; C., 339; P. R., XXIX, 25; Bos., 1, iv, 31; Faug., I, 187;

Hav., VI, 28 ; Mol., I, 113; Mich., 766. 2. Pascal s'est souvenu de Montaigne : « Les ames des empereurs et des savatiers sont iectees a mesme moule : considerants l'importance des actions des princes, et leur poids, nous nous persuadons qu'elles soient produictes par quelques causes aussi poisantes et importantes ; nous nous trompons : ils sont menez et ramenez en leurs mouvements par les mesmes ressorts que nous sommes aux nostres ; la mesme raison, qui nous faict tanser avecques un voisin, dresse entre les princes une guerre ; la mesme raison, qui nous faict fouetter un laquay, tumbant en un roy, luy faict ruyner une province ; ils veulent aussi legierement que nous, mais ils peuvent plus ; pareils appetits agitent un ciron et un elephant. » (Apol.)

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67]

Nous sommes si malheureux que nous ne pouvons prendre plaisir à une chose qu'à condition de nous fâcher si elle réussit mal'; ce que mille choses peuvent faire, et font, à toute heure. [Qui]* aurait trouvé le secret de se réjouir du bien sans se fâcher du mal contraire, aurait trouvé le point; c'est le mouvement perpétuel '.

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Ceux qui, dans de fâcheuses affaires, ont toujours bonne espérance, et se réjouissent des aventures heureuses, s'ils ne s'affligent également des mau

181 Cf. B., 15; C., 33; P. R., XXIX, 36; Bos., I, 1x; 66; Faug., I, 194 ;

Hav., ví, 63; Mol., I, 111; Mich., 189. 1. Dans une lettre qui paraît écrite à Domat vers 1661, Pascal condamne cette disposition chez ses amis de Paris : « Ils croient rendre service à Dieu en murmurant contre les empêchements, comme si c'était une autre puissance qui suscitât leur piété, et une autre qui donnát vigueur à ceux qui s'y opposent. C'est ce que fait l'esprit propre. Quand nous voulons par notre propre mouvement que quelque chose réussisse, nous nous irritons contre les obstacles, parce que nous sentons dans ces empêchements ce que le motif qui nous fait agir n'y a pas mis, et nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées. »

2. Le mot manque dans le manuscrit.

3. C'est-à-dire que l'idéal proposé ici est aussi incompatible avec les conditions de l'activité humaine que l'idéal de la perpétuité est incompatible avec les conditions du mouvement terrestre.

182 Cf. B., 365; C., 324; Faug., I, 194; Hav., XXV, 6; Mol., I, 1241;

Mich.,

745.

vaises, sont suspects d'être bien aises de la perte de l'affaire ; et sont ravis de trouver ces prétextes d'espérance pour montrer qu'ils s'y intéressent, et couvrir

par la joie qu'ils feignent d'en concevoir celle qu'ils ont de voir l'affaire perdue’.

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2

Nous courons sans souci dans le précipice”, après que nous avons mis quelque chose devant nous 3

pour nous empêcher de le voir .

1. Cette pensée subtile semble compléter la précédente, en répondant à une exception qu'elle présente. Que faut-il penser de ceux qui sont toujours disposés à prendre le bon côté des choses et à faire contre mauvaise fortune bon cæur ? Tant qu’on reste dans les conditions humaines, leur conduite ne veut être interprétée que comme une marque de dissimulation et d'intérêt secret.

183 Ct. B., 80; C., 105; P. R,, 1, 1; Bos., II, 11, 1; Faug., II, 18; Hav.,

IX, 5; Mol., I, 16; Mich., 66. 2. (Pourvu qu'il y ait.) 3. (Qui) nous sempêche.) 4. (Et si.)

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Lettre pour porter à rechercher Dieu.

Et puis le faire chercher chez les philosophes, pyrrhoniens et dogmatistes, qui travaillent celui qui les recherche.

2

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185 La conduite de Dieu, qui dispose toutes choses avec douceur, est de mettre la religion dans l'esprit par les raisons, et dans le cæur par la grâce; mais de la vouloir mettre dans l'esprit et dans le caur par la force et par les menaces, ce n'est pas y mettre

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184 Cf. B., 1; C., 13; Faug., II, 390; Hav., XXV, 108 bis ; Mol., II, 61;

Mich., 72. 1. (De.)

185 Cf. B., 82; C., 107; Bos., II, IV, 4; FAUG., II, 178; Hav., XXIV, 3;

Mon., II, 60; Micu., 652. 2. (Religion.] 3. Qui dispose... douceur en surcharge. 4. (Vérité.) PENSÉES.

II – 7

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