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respirer à mon aise, je trouve en mon chemin hille
objets qui me ferrent le coeur; et la moitié de la jour
née se passe en angoiffes, avant que j'aye atteint l'afyle
que je vais chercher. Heureux du moins quand on me
laille achever ma route! Le moment où j'échappe au
cortége des méchans eft delicieux; et fi-tôt que je me
vois fous les arbres, au milieu de la verdure, je crois
que voir dans le Paradis terreftre, et je goûte un plaifir
interne auffi vif, que fi j'étois le plus heureux des
mortels.

Je me fouviens parfaitement que durant mes cour-
tes prospérités, ces même promenades folitaires qui me
font aujourd'hui fi délicieuses, m'étoient infipides et en-
nuyeuses. Quand' j'étois chez quelqu' un à la campa-
gne, le befoin de faire l'exercice et de respirer le grand
air, me faifoit souvent fortir seul, et m'échappant com-
me un voleur je m'allois promener dans le parc ou dans
la
campagne. Mais loin d'y trouver le caline heureux
que j'y goûte aujourd'hui, j'y portois l'agitation des vai-
nes idées qui m'avoient occupé dans le falon; le fouve-
nir de la compagnie que j'y avois laiffée me fuivoit.
Dans la folitude les vapeurs de l'amour propre et le tu-
'multe du monde terniffoient à mes yeux la fraîcheur
des bosquets, et troubloient la paix de la retraite. J'a-
vois beau fuir au fond des bois, une foule importune
m'y fuivoit par-tout, et voiloit pour moi toute la natu-
Ce n'est qu'après m'être détaché des passions so-
ciales et de leur triste cortége, que je l'ai retrouvée avec
tous les charmes.
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re.

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Convaincu de l'impoffibilité de contenir ces premiers mouvemens involontaires, j'ai ceflé tous mes efforts pour cela. Je laille à chaque atteinte mon fang s'allumer, la colere et l'indignation s'emparer de mes fens; je cede à la nature cette premiere explosion que

toutes

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toutes mes forces ne pourroient arrêter ni fuspendre. Je tache feulement d'en arrêter les fuites avant qu'elle ait produit aucun effet. Les yeux étincelants, le feu du vilage, le tremblement des membres, les fuffocantes palpitations, tout cela tient au seul physique, et le raisonnement n'y peut rien. Mais après avoir laissé faire au naturel fa premiere explosion, l'on peut rédevenir fon propre maître en reprenant peu-à-peu fes fens; c'est ce que j'ai taché de faire long temps fans fuccès, mais enfin plus heureusement; et cellant d'employer ma force en vaine résistance; j'attends le moment de vaincre en laiffant agir ma raifon, car elle ne me parle que quand elle peut fe faire écouter. Eh! que dis-je, hélas! ma raison? j'aurois grand tort encore de lui faire l'honneur de ce triomphe, car elle n'y a gueres de part; tout vient également d'un tempérament versatile qu'un vent impétuenx agite, mais qui rentre dans le calme à l'instant que le vent ne fouffle plus; c'est mon naturel ardent qui m'agite, c'est mon naturel indolent qui m'appaife. Je cede à toutes les impulfions préfentes, tout choc me donne un mouvement vif et court; fi-tôt qu'il n'y a plus de choc, le mouvement cesse, rien de communiqué ne peut se prolonger en moi. Tous les événemens de la fortune, toutes les machines des homines ont peu de prise sur un homme ainsi constitué. Pour m'affecter de peines durables, il faudroit que l'impreffion fe renouvellàt à chaque inftant. Car les intervalles, quelques courts qu'ils foient, fuffifent pour me rendre à moi-même. Je fuis ce qu'il plaît aux homines tant qu'ils peuvent agir fur mes fens; inais au premier instant de relâche, je redeviens ce que la nature a voulu; c'est là, quoi qu'on puisse faire, mon état le plus constant, et celui par lequel, en dépit de la destinée, je goûte un bonheur pour lequel je me fens conftitué. J'ai décrit cet état dans une de mes rêveries; sledky J 2

il

il me convient si bien que je ne defire autre chofe que fa durée, et ne crains que de le voir troubler. Le mal que m'ont fait les hommes ne me touche en aucune forte. La crainte feule de celui qu'ils peuvent me faire encore, est capable de m'agiter; mais certain qu'ils n'ont plus de nouvelle prife par laquelle ils puiffent m'affectér d'un fentiment permanent, je me ris de toutes leurs trames, et je jouis de moi-même en dépit d'eux. "

Middleton,

Middleton.

D. Conyers Middleton, geb. zu Vork, 1683, geft. 1750. Keines seiner, zum Theil theologischen und polemischen, Werke hat ihm so viel Ruhm erworben, als sein meisterhaft bearbeitetes und mit klassischem Geschmack geschriebenes Leben des Cicero, welches zugleich die lehrreichste Darstellung des damaligen ganzen Zeitpunkts der römischen Geschichte enthält. In der sehr lesenswårs digen Vorrede seßt N. seinen Leser selbst in den rechten Gesichtss punkt, zur Beurtheilung feines Werks, und dieser Gattung von Biographien überhaupt; und dazu dient auch die dieser Vorrede angehängte allgemeine Idee von der römischen Republik. Cicero's Charakter ist in diesem Werke desto wahrer und treffender geschils dert, je durchgängiger dabei der Geist und die Aeußerungen seiner Schriften zum Grunde liegen, die M. in dieser Absicht sorgfältig ftudirte, ehe er die Hand an seine mit so großem Fleiß als Talent. und Geschmack ausgeführte Arbeit legte. Nicht weniger Sorgfalt, als er auf die Schilderung der Hauptperson richtete, wandte er auf die Nebenrollen jenes großen politischen Schauspiels. Eine Probe davon sei folgender Charakter des Pompejus.

POMPEY had early acquired the furname of the Great, by that fort of merit, which, from the constitution of the Republic, neceffarily made him great; a fame, and success in war, fuperior to what Rome had ever known in the most celebrated of her generals. He had triumphed at three feveral times, over the three diffe rent parts of the known world, Europe Afia, Africa; and by his victories had almost doubled the extent, as well as the revenues of the Roman dominion; for, as he declared to the people on his return from the Mithridatic war, he had found the leffer Afia the bounda ry, but left it the middle of their empire. He was about fix years older than Caefar; and while Caefar immersed in pleasures, oppressed with debts, and suspect. ed by all honeft men, was hardly able to fhew his head.

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Pompey was flourishing in the height of power and glory: and, by the consent of all parties, placed at the head of the Republic. This was the post that his ambition seemned to aim at, to be the first man in Rome; the leader, not the tyrant of his country; for he more than once, had it in his power, to have inade himself the inafter of it without any risk, if his virtue or his phlegin at least, had not restrained him: but he lived in a perpetual expectation of receiving from the gift of the people, what he did not care to seize by force; and by fomenting the disorders of the city, hoped to drive them to the necessity of creating him Dictator. It is an obfervation of all the hiftorians, that, while Caefar made no difference of power, whether it was conferred or ufurped, whether over thofe who loved, or those who feared him; Pompey seemed to value none, but what was offered; nor to have any defire to govern, but with the good-will of the governed. What leifure he found from his wars, he employed in the ftudy of polite letters, and especially of eloquence, in which he would have acquired great fame if his genius had not drawn him to the more dazzling glory of arins; yet he pleaded several causes with applause, in the defence of his friends, and clients; and fome of them in conjunction with Cicero, His language was copious and elevated; his fentiments juft; his voice fweet; his action noble, and full of dignity. But his talents were better formed for arms than the gown, for though in both he observed the fame difcipline, a perpetual modesty, temperance, and gravity of outward behaviour; yet in the licence of camps, the example was more rare, and striking. His person was extremely graceful, and imprinting refpect; yet with an air of reserved haughtinefs, which became the general better than the citizen. His parts were plausible, rather

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