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MARCH 1864. Le chien, fidèle à l'homme, conservera toujours une portion de l'empire, un degré de supériorité sur les autres animaux ; il leur commande, il règne lui-même à la tête d'un troupeau, il s'y fait mieux entendre que la voix du berger; la sûreté, l'ordre et la discipline sont le fruit de sa vigilance et de son activité; c'est un peuple qui lui est soumis, qu'il conduit, qu'il protége, et contre lequel il n'emploie jamais la force que pour y maintenir la paix. Mais c'est surtout à la guerre, c'est

contre les animaux ennemis ou indépendants, qu'éclate son courage, et que son intelligence se déploie tout entière. Les talents naturels se réunissent ici aux qualités acquises. Dès que le bruit des armes se fait entendr dès que le son du cor ou la voix du chasseur a donné le signal d'une guerre prochaine, brûlant d'une ardeur nouveile, le chien marque sa joie par les plus vifs transports, et annonce par ses mouvements et par ses cris l'impatience de combattre et le désir de vaincre. (Naval Cadets.)

EXAMINATION PAPERS ANTERIOR TO 1861.

jours résolus à tourner la droite de l'armée française, abandonnent, au centre de leur nouvelle ligne, les hauteurs de Pratzen. Soult reçoit l'ordre de s'en saisir, et s'y porte aussitôt; Kutusoff, général de l'armée russe, comprend sa faute et veut la réparer; mais tous ses efforts sont impuissants : les Français occupent ces hauteurs, qui partagent la ligne ennemie; et tandis

Davoust arrète les coalisés à droite dans la plaine, Murat, Lannes et Bernadotte emportent à gauche leurs principales positions.-(Naval Cadets.)

JUNE 1860. Mais pourquoi voulez-vous être distingué du reste des hommes ? C'est un sentiment qui n'est pas naturel, puisque, si chacun l'avoit, chacun seroit en état de guerre avec son voisin. Contentenz-vous de remplir votre devoir dans l'état où la Providence vous a mis; bénissez votre sort, qui vous permet d'avoir une conscience à vous, et qui ne vous oblige pas, comme les grands, de mettre votre bonheur dans l'opinion des petits, et, comme les petits, de ramper sous les grands pour avoir de quoi vivre. Vous êtes dans un pays et dans une condition où, pour subsister, vous n'avez besoin ni de tron per ni de flatter, ni de vous avilir, comme font la plupart de ceux qui cherchent la fortune en Europe ; où votre état ne vous interdit aucune vertu; où vous pouvez être impunément bon, vrai, sincère, instruit, patient, tempérant, chaste, indulgent, pieux, sans qu'aucun ridicule vienne flétrir votre sagesse, qui n'est encore qu'en fleur.-(Naval Cadets.)

SEPTEMBER 1860. Le 2 décembre, au moment où le soleil se lève sur cette plaine fameuse où vont se heurter trois cent mille hommes, et où doit se décider le sort de la monarchie autrichienne, Napoléon parcourt le front de ses régiments, et dit: Soldats, il faut finir cette campagne par un coup de tonnerre.' Des cris d'enthousiasme lui répondent, et la bataille s'engage. Les ennemis, tou

DECEMBER 1860. La dernière saison de l'année, l'automne, est celle qui nous offre à la fois plus de bien, et nous invite plus fortement aux réflexions salutaires. La campagne alors semble s'épuiser pour les besoins de l'homme, pour lui mûrissent ces grappes couleur d'or ou de pourpre qui donnent une liqueur fortifiante; pour lui distillent l'huile et le miel ; pour lui les arbres se dépouillent de leurs fruits colorés; la terre lui offre une seconde moisson ; elle l'appelle à retirer de son sein ces racines précieuses qui, mieux que tout autre aliment, doivent suppléer à la disette du grain. Mais en même temps que toutes ces richesses le pressent de bénir l'Auteur de son être, quelque chose de sérieux semble se mêler à sa joie, car c'est le dernier tribut que lui paie l'année. Le soleil, qui perd sa force et sa vigueur, en signalant les approches de l'hiver, lui présage aussi cette froide vieillesse

qui doit bientôt peut-être ralentir le cours de son sang. S'il jette ses regards sur le paysage décoloré, les changements qu'il apercoit l'avertissent de ceux que le temps opère en lui; le sifflement des vents, le bruit mélancolique des feuilles tombantes, sont comme les accents du tombeau qui l'appelle. -(Naval Cadets.)

et à ses lumières, car ils étaient farouches, belliqueux, et ne craignaient pas de verser sur leurs autels le sang des captifs. Eh bien! cette Bretagne inculte, patrie de barbares que n'effrayait pas le sang humain, n'a pas seulement colonisé le monde et fondé partout des empires : jouant à son tour le rôle que Rome remplissait vis-à-vis d'elle, elle essaie de porter la vie à des régions qui gisent bien réellement aux confins du monde, aux antipodes, dans ce groupe de la Nouvelle-Zelande où subsistent les dernières grandes tribus de sauvages belliqueux et s'abreuvant de sang humain.-(Assistant Clerks.)

MARCH 1859. Ce n'est pas sans raison que l'histoire a toujours été regardée comme la lumière des temps, la prudence, la règle de la conduite et des mours. Sans elle, renfermés dans les bornes du siècle et du pays où nous vivons, resserrés dans le cercle étroit de nos connaissances particulières et de nos propres réflexions, nous demeurons toujours dans une espèce d'enfance, qui nous laisse étrangers à l'égard du reste de l'univers, et dans une profonde ignorance de tout ce qui nous a précédés, et de tout ce qui nous environne. Qu'est-ce que ce petit nombre d'années qui composent la vie la plus longue? Qu'est-ce que l'étendue du pays que nous pouvons occuper ou parcourir sur la terre, sinon un point imperceptible, à l'égard de ces vastes régions de l'univers, et de cette longue suite de siècles qui se sont succédé les uns aux autres depuis l'origine du monde ? Cependant, c'est à ce point imperceptible que se bornent nos connaissances, si nous n'appelons à notre secours l'étude de l'histoire, qui nous ouvre tous les siècles et tous les pays; qui nous fait entrer en commerce avec tout ce qu'il y a eu de grands hommes dans l'antiquité.—(Assistant Clerks.)

JUNE 1859. Un Lièvre considérant une Tortue qui rampoit avec peine, se mit à se moquer d'elle, et de sa lenteur. "Que tu es pesante!' lui dit-il. Que tu marches lentement!'.Malgré tout cela,'dit la Tortue, je parie que je te vaincrai à la course.

Et quoique tu te vantes tant de ta légèreté, gageons que j'ar. riverai plutôt que toi à tel endroit.' Plutôt que moi ! dit le Lièvre; 'tu radotes : tu es folle sûrement.' .Folle ou non,' reprit-elle, je te parie ce que tu voudras.' Voilà qui est fait; ils partent. Le Lièvre en un moment laissa la Tortue bien loin de lui; et ne la voyant plus, il se reposa, s'amusa à brouter, et s'endormit pour rependre un peu ses forces; car, disoit-il, je la rattraperai quand il me plaira. La Tortue marcha toujours sans s'arrêter: et quand le Lièvre se réveilla, elle étoit si près du bout de la carrière, que quoiqu'il courût de toute sa force, elle y arriva avant lui, et gagna la gageure.—(Naval Cadets.)

SEPTEMBER 1859. Maintenant, mon cher lecteur, viens avec moi sur le bord de la mer. La voilà devant toi, légèrement ondulée et d'un beau bleu foncé; au-dessus de ta tête s'arrondit le ciel, déchargé de nuages; là-bas, sous les ondes, se jou. ent de nombreux poissons, et dans les airs voltigent les oiseaux du ciel. Tout est plein de vie, tout respire le bonheur. Et près du bord, vois-tu ce vaisseau ? Il est peiut de diverses couleurs, et sa proue se termine par une brillante enseigne: une femme s'appuyant sur une ancre. Ce symbole donne son nom au vaisseau; il s'appelle l'Espérance. Le vent se joue dans

APRIL 1859. A l'époque où Tacite écrivait ses Annales, la Bretagne était, vers le nord, l'extrême limite du monde. Si alors on demandait aux hommes qui étaient le plus curieux de science et de voyages ce qu'il y avait au-delà de cette terre brumeuse, ils répondaient par quelques noms vagues auxquels s'attachaient des idées plutôt fabuleuses que précises. Dans la Bretagne même, où César avait posé son pied, où les légions reparaissaient presque à chaque règne, la toute-puissante Rome faisait quelques essais d'établissement, mais elle ne réussissait guère, et ne prévoyait point que les habitans de cette île dussont jamais participer à son industrie

veut, d'avoir ce que l'on veut. Hélas ! j'appris plus tard que bien s'en faut qu'il en soit ainsi, même pour les hommes les plus grands, les plus riches, les plus savants, et je vis qu'à tous les âges, l'homme est forcé d'obéir aux hommes, aux circonstances, à ses propres besoins, et qu'en vieillissant il change de maître sans cesser d'être esclave.-(Naval Cadets.)

les gais pavillons attachés aux mâts, et fait frissonner doucement les voiles et les cordages. Le pont est couvert de voyageurs qui se croisent en tous sens: ce sont des émigrauts qui viennent de l'Orient et qui se rendent dans l'Occident, où ils veulent aller trouver le bonheur. Ils ont abandonné leur patrie, le foyer cher à leur enfance. Le cæur content et plein d'espérance, ils ont dit adieu au toit paternel: cette séparation ne leur a coûté que peu de larmes.-(Naval Cadets.)

DECEMBER 1859. Quand, au jour de Saint-Sylvestre, les cloches retentissent dans l'air pour annoncer que l'année est à sa fin, joins tes mains et prie ! la cloche de SaintSylvestre n'est pas faite pour la danse et les rires, mais pour les saintes pensées et le recueillement. Elle doit nous rappeler que, à l'ombre du clocher s'étend le cimetière, et que le cimetière sera notre demeure un jour.

Sur l'échiquier de la vie, l'on voit se mouvoir des personnages de toute espèce: les uns vont droit, les autres vont de biais, et dans le va-et-vient du jeu, tout se mêle, tout se confond, fous et cavaliers, rois et paysans. Mais le jeu doit prendre fin, et quand la cloche retentira, tous vont s'arrêter pour être portés au cercueil, tous tant q'ils sont. Et nous-mêmes aussi ! et moi qui écris, et vous qui lisez ! (Naval Cadets.)

JUNE 1858. Quand j'étais petit, tout petit, je ne voulais pas croire que je pusse jamais devenir moi-même un jour un grand monsieur, ayant mes affaires, ma profession, ma famille, comme une per sonne naturelle. C'est vers l'âge de six ans surtout que cette pensée me vint, et me frappa; mais cette impression, d'abord si vive, s'effaça peu à peu, et avec les années elle disparut complètement. Plus tard j'ouvris les yeux sur les progrès de ma taille, par mes pantalons devenus trop courts; si bien qu'à la fin je conçus la possibilité pour moi de grandir tout comme un autre, et j'en vins même à désirer que cela fût bientôt. En effet, il me semblait bien agréable d'être son maître, d'être compté pour quelqu'un dans le monde et de pouvoir à son tour donner ses ordres. Tout cela sans oompter le plaisir d'aller où l'on veut, de faire ce que l'on

SEPTEMBER 1858. Le moment était donc venu pour les Russes de tenter de nouveau la fortuno des armes. Les troupes étaient pleines d'ardeur ; elles avaient enfin retrouvé cette confiance en elles-mêmes qui semble leur avoir fait défaut le jour de la bataille de l'Alma. À cette époque,' nous dit un témoin oculaire, les soldats étaient intimidés par tout ce qu'ils avaient entendu dire des armes nouvelles inventées en Occident et de leurs effets destructeurs ; mais leur moral depuis lors s'était relevé. Le succès de la défense de Sébastopol, la défaite récente de la cavalerie anglaise de Balaclava, avaient fait succéder au découragement un sentiment de patriotique enthousiasme que la nouvelle de l'arrivée des jeunes grands-ducs Michel et Nicolas portait à son comble. Dans la ville et dans le camp, les soldats, au milieu des libations habituelles de l'eau-de-vie nationale, ne parlaient que de livrer enfin bataille et d'affranchir le sol de la Russie de la présence des étrangers. Les cérémonies religieuses, les bénédictions de troupes alternaient avec les revues et les maneuvres.'-(Naval Cadets.)

DECEMBER 1858. Je m'assiset je regardai, car le champ de bataille de Waterloo était tout entier devant moi. Il a l'avantage sur beaucoup d'autres, d'être peu étendu et parfaitement clair et distinct. Sa longueur est à peine d'une demi-lieue; il n'y a pas même cette distance du châ. teau d'Hougoumont à la Haie-Sainte, qui en sont les points extrêmes. Deux collines le composent: la colline anglaise, sur laquelle j'étais assis, et qui replie légèrement ses ailes en arrière; vis-à-vis, à deux ou trois cents toises au plus, la colline française, qui suit le même mouvement que sa rivale et décrit une courbe alentour; elles ne se trouvent donc séparées que par un petit

vallon intermédiaire, peu profond, et à pentes douces et faciles. Dans tout cet espace, il n'y a ni habitations, ni bois, ni rien qui varie; le seul chemin de la Haie-Sainte offre cette ligne d'arbustes noueux d'où il tire son nom ; le reste n'est qu'un vaste champ, que le soc de la charrue parcourt sans le changer jamais. Ainsi, les plus légers accidents du terrain, ses moindres mouvements, ses moindres replis, sont les mêmes aujourd'hui qu'ils étaient il y a vingt ans, et qu'ils seront dans quarante; on ne saurait s'y méprendre.(Naval Cadets.)

AUGUST 1857. Après la vertu, rien ne peut nous conduire plus sûrement à la félicité que l'amour des sciences naturelles. Et

vous qui m'écoutez, et qui, jeunes encore, formez notre plus chère espérance; vous, devant qui s'ouvre une carrière que vous pouvez illustrer par tant de travaux; oh! lorsque vous aurez éprouvé cette vérité consolante, que le bonheur est dans la vertu qui aime, et dans la science qui éclaire; lorsqu'au milieu de l'éclat de la gloire, ou dans l'obscurité d'une retraite paisible, vous jouirez du charme attaché à l'étude de la nature, et que votre cæur vous retracera vos premières années, vos premiers efforts, vos premiers succès, mêlez quelquefois à ces pensées le souvenir de celui qui alors ne sera plus, mais qui aujourd'hui, et de toutes les facultés de son âme et de son esprit, vous appele aux plus heureuses destinées.-(Naval Cadets.)

NOTA.

The Examination Papers from 1864 to this day will be

found in the SUPPLEMENT.

PART II.

SELECTED PIECES

FROM

FRENCH 'PROSATEURS' AND

AND 'POËTES

AND

ENGLISH PROSE-WRITERS.

TOGETHER WITH

A CLASSIFIED VOCABULARY.

A CHOICE OF HOMONYMS AND PARONYMS.

A SELECTION OF IDIOMS AND PROVERBS.

A LIST OF VERBS FOR TRANSLATION AND PARSING.

A TABLE FOR PARSING.

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