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ADIEUX À ROME.

ROME, pour la dernière fois
Je parcours ta funèbre enceinte :
Inspire les chants dont ina voix
Va saluer ta gloire éteinte;
Luis dans mes vers, astre éclipse
Dont la splendeur fut sans rivale;
Ombre éclatante du passé,
Le présent n'a rien qui t'égale !
Tout doit mourir, tout doit changer:
La grandeur s'élève et succombe.
Un culte même est passager;
Il souffre, persécnte et tombe.
Tu brillais de ce double éclat,
Et tus n'as pas fait plus d'esclaves
Avec la toge du sénat,
Que sous la pourpre des conclaves.
Du sang de tes premiers soutieng
Cette colline est arrosée ;
Le sang de tes héros chrétiens
Rougit encore le Colisée.
A travers ces deux souvenirs
Tu m'apparais, pâle et flétrie,
Entre les palmes des martyrs
Et les lauriers de la patrie. . ...
Adieu, Forum, que Ciceron
Remplit encore de sa mémoire !
Ici chaque pierre a son nom,
Ici, chaque débris sa gloire.
Je passe, et mes pieds ont foulé
Dans ce tombeau, d'où sortit Rome,
Les restes d'un dieu mutilé,
On la poussière d'un grand homme. ....

DELAVIGNE.

LE COIN DU FEU.

Le foyer, des plaisirs est la source féconde ;
Il fixe doucement notre humeur vagabonde,
Au retour du printemps de nos toits échappés,
Nous portons en tous lieux nos esprits dissipés ;
Le printemps nous disperse, et l'hiver nous rallie ;
A uprès de nos foyers, notre ame recueillie,
Goûte ce doux cominerce, à tous les caurs si cher!
Oui, l'instinct social est enfant de l'hiver,
En cercle un inême attrait rassemble autour de l'âtre
La vielliesse conteuse et l'enfance folâtre.
Là courent à la ronde et les propos joyeux,
Et la vielle romance, et les aimables jeux :
Là, se déstommageant de ses longues absences,
Chacun vient retrouver ses vielles connaissances.
Là s'épanche le cæur; le plus penible aveu,
Long-temps captif ailleurs, s'échappe au coin du feu.
Comme aux jours fortunés des pénates antiques,
Le foyer est le dieu des vertus domestiqucs.
Là reviennent s'unir les parents, les maris,
Qui vivoient séparés sons les mêmes lambris.
Là vient se renouer la douce causerie ;
Chacun, en la contant, recommence sa vie,
L’un redit ses combats, un autre son procès,
Cet autre ses amours; d'autres, plus indiscrets,
Comme moi d'un ami tentant la patience,
De leurs vers nouveau-nés lui font la confidence ;
Le foyer, du talent est aussi le berceau ;
Là je vois s'essayer le crayon, le pinceau,
Le luth harmonieux, l'industrieuse aiguille,
Tantot c'est un roman qu'on écoute en famille...

DELILIE.

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