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Geneviève dit, en montrant une table qui se trouvait au milieu du salon :-" Voilà ce vase d'albâtre, cette table, qui ont servi de modèle au peintre ; mais les fleurs et madame n'y sont plus !” Hélène demanda si ce vase était cher à monsieur de Varambon ?-« Tout ce que madame affectionnait lui est précieux.

· Alors Hélène se mit à placer des fleurs dans ce vase; elle tâchait de les arranger comme elle les voyait dans le tableau ; ensuite elle commença la guirlande. Dame Geneviève la regardait travailler avec une sorte de satisfaction; mais tout-à-coup, revenant à elle. même, elle lui dit : “ Ne craignez-vous pas que cette imitation ne lui cause plus de peine que de plaisir ? "--" Vous avez bien raison, répondit Hélène. Rappeler une perte irréparable, c'est renouveler une douleur. Comme effrayée, elle rejeta sur la table ce qui lui restait de fleurs, laissa sa guirlande à moitié finie, et, se levant, elle demeura pensive devant ce tableau qui lui offrait la jeunesse, la beauté, les Heurs, et la mort. Elle s'oubliait dans ses réflexions mélancoliques, lorsque un cri échappé à dame Geneviève la fit retourner. Elle fut interdite en voyant près d'elle monsieur de Varambon occupé à la considérer. Son extrême ressemblance avec sa mère le lui fit reconnaître. Embarrassée d'avoir été surprise par lui dans son appartement, elle se troubla, n'osa lui parler, et se mit à fuir, oubliant même de le saluer.'

Love follows, of course, and the varieties of its progress and effects, in two such differently constituted natures--the reserved, meditative, but jealous and impetuous, M. de Varambon, and the gentle, timid, but devoted and unchangeable Hélèneare defined throughout with all that delicate power of analysis, which women seem instinctively to possess on such subjects. A visit with which M. Balançon is honoured by Don John oť Austria, whom his brother Philip II. has just sent to take the government of the Low Countries, gives the first development to that fatal passion of jealousy, which is attended at last with such tragical consequences to the young lovers. A ball takes place at the Chateau, on the arrival of the Prince, from which the sanctity of the line of life marked out for him imposes upon M. de Varambon the necessity of absenting himself; and there is considerable faricy, as well as pathos, in the description of his solitary sufferings, within hearing of the gaieties by which his mistress is surrounded.

• Revenu chez lui, il y était poursuivi par le bruit des violons. L'appartement où l'on dansait était audessus du sien : tous les pas retentissaient. Il est inquiet de ce qui se passe dans le salon ; il n'a pas un instant de repos ; il fait appeler Geneviève ; et, oubliant toute prudence, il lui dit : “ Ma bonne; ma chère amie, allez voir le bal ; sachez ce que fait mademoiselle de Tournon.".

.“ Elle danse, monsieur, j'en viens. "_" Avec qui?” demande-t-il en tremblant. Il le prévoyait, il le savait, et il le demandait! Espérait-il une réponse qui pût calmer sa jalousie, passion cruelle dont il devait tant souffrir ?

« Mademoiselle de Tournon danse avec le prince, répond Geneviève ; il ne voit qu'elle, n'a dansé qu'avec elle; c'est la reine du bal!"_" Comment reçoit-elle ses attentions ? ” reprend-il vivement “ Sans les remarquer ; elle est aussi modeste

que

belle. • Les danseurs se faisaient toujours entendre: monsieur de Varambon aurait pu compter la mesure de leurs pas. Ce nouveau supplice lui devient insupportable; il s'enfuit dans le parc. Ces allées sombres, cette nuit paisible, ne pouvaient le rendre à lui-même. Les yeux constamment fixés sur les fenêtres du château, il voyait des ombres fugitives se dessiner sur le plafond de la salle : des plumes agitées se montraient, disparaissaient, suivant les mouvements animés des danseuses : il ne cherchait qu'une seule femme, et ne pouvait la distinguer.

« Tout-à-coup il vit arriver des domestiques, s'empressant d'allumer des lampions qui éclairèrent les jardins. Les chiffres de dom Juan brillaient en verres de couleur. Monsieur de Varambon revint dans son appartement, plus vite encore qu'il ne l'avait quitté. Il éteignit ses lumières, ne voulant point être vu du dehors ; et, dans l'obscurité, attaché à sa fenêtre, il regardait ce qui se passait dans le parc. Audessus de sa tête, la musique, la gaieté, le tourbillon du bal; devant lui, l'éclat des lumières ; ces jardins, brillants de chiffres odieux; lui, seul, dans le silence, dans l'ombre, et plus agité que personne.

On était dans les plus beaux jours de l'année. Bientôt il vit plusieurs femmes qui étaient sorties du bal pour venir se promener dans les jardins. Dom Juan parut, donnant le bras aux deux saurs. Monsieur de Varambon ne se possédait plus. Mais combien il fut touché de voir Hélène se retourner plusieurs fois, et regarder son appartement. Elle a l'air triste : elle pense donc à lui ! et des larmes s'échappaient de ses yeux, sans qu'il les sentit couler.

• Après quelques pas, Hélène quitta dom Juan, et revint lentement du côté du château. Elle s'arrêta devant cette fenêtre où Monsieur de Varambon venait d'éprouver des angoisses si cruelles. Qu'il était ému! le bal, dom Juan, les chiffres importuns, avaient disparu ; il n'y avait plus qu'Hélène de présente à sa vue. Il se dit qu'elle sera heureuse dans la retraite ; ils y vivront uniquement l'un pour l'autre; elle se contentera de la modeste fortune qu'il peut lui offrir.-O amour ! toi seul peux peindre ces orages du caur, qu'un rien fait naître, qu’un mouvement dissipe! Le son de la musique, des pas légers, les ondulations de ces plumes flottantes, avaient bouleversé son ame: un regard le calme ! Déja il ne redoute plus l'avenir ; et passe le reste de la nuit à espérer une félicité parfaite.

He declares at length to M. Balançon the resolution which hic has formed to renounce the religious profession for which he was destined ;-a scene of altercation ensues between the brothers; and M. Balançon, discovering that an attachment for Jademoiselle de Tournon is the cause of a step so ruinous to the wordly interests of the family, writes such a letter to Madame de Tournon, as determines that proud and rigid woman not only to refuse her consent to a marriage between the

young persons, but to recal her daughter instantly to Paris. Thither M. de Varambon secretly pursues her; and a new source of fuel to his unreasonable jealousy presents itself in the person of M. de Souvré, the chief favourite of Henri III., who becomes deeply enamoured of Mademoiselle de Tournon; and whose respectful attentions, mistaken by her for the assiduities of friendship, are received with all the favour and gratitude which her esteem for his very amiable character dictates. The unlucky appearances arising from such an intercourse, and the effects which they produce upon the inflammable disposition of M. de Varambon, are delineated through a succession of animated scenes and incidents, to which we should ill do justice by such a skeleton abstract-without either the colouring of style or the life of detail--as the limits allowed for this subject afford. The conclusion of the story is peculiarly affecting; and the description of M. Varambon's feelings, on seeing the cold remains of the innocent and faithful girl, whose heart his unjust suspicions had broken, is as simply and finely done as any thing of the kind with which we are acquainted.

• Ils arrivent enfin à Liége. Les rues sont encombrées d'un peua ple immense qui les arrête. Ils voient de loin un convoi qui s'approche. Le char funèbre est couvert d'un drap blanc et argent, autour duquel sont attachées des couronnes de roses blanches. Monsieur de Varambon frémit et serre la main de son frère ; ses lèvres tremblantes ne peuvent prononcer une parole. Son air égaré attire l'attention d'un vieillard qui précédait le cortége. Il passe en disant: “ Pauvre Mademoiselle de Tournon!"-Monsieur de Varambon tombe sans connaissance. On l'emporte dans une maison voisine, où il reste plusieurs heures évanoui. Malheureux! quel réveil l'attend !

« Le convoi s'avance lentement vers l'église. Les chants religieux demandent au ciel la paix d'une autre vie, pour celle qui n'a connu de ce monde que le malheur et la souffrance.

• Vers le soir, Monsieur de Varambon revient à lui en jetant des cris affreux. Il appele Hélène, ne peut se persuader qu'il l'a perdue ; il la demande à son frère, le supplie, le conjure de la lui rendre; il veut la revoir encore. ... Il s'échappe, et Léopold, ne pouvant l'arrêter, le suit. Ils arrivent à l'église. La foule est dispersée. Les funérailles ne devant avoir lieu que le lendemain, Hélène est déposée dans une chapelle ardente. Cette lumière le guide. Un prêtre, à genoux, récite des prières. Monsieur de Varambon se jette au pied du cercueil.

. Le prêtre, que sa présence étonne, que son désespoir effraie, regarde avec inquiétude Léopold qui lui dit :: “Il devait être son

époux!” L'homme pieux et charitable le plaint, et s'éloigne pour ne point contraindre la douleur.

* L'infortuné, anéanti, prosterné contre terre, craint de relever sa tête coupable, et ne cesse de répéter qu'il l'aime, qu'il l'aimait, qu'il va la suivre. . . . Enfin il ose élever ses yeux jusqu'à ce visage insensible qu'aucun voile ne lui cache encore. Ses sanglots, ses cris, font retentir l'église. ... Malheureux qui as brisé le cœur qui n'existait que pour toi !... Il joint ses mains, pleure, s'accuse, demande à Dieu qu'un instant, un seul instant leur soit accorde ! qu'elle le revoie encore ! et puis tous deux mourir ! “ Qu'elle sache que je l'aimais ! que je l'adorais !” crie-t-il en s'adressant au ciel. . . . Sa tête se perd; il la regarde, il attend, il écoute. . . . Le silence de la mort lui répond!... Un sombre égarement est dans ses yeux ; il étend ses bras et s'écrie: “ Ne m'entendra-t-elle donc jamais ! jamais ! "-Et les voûtes de l'eglise répétèrent : JAMAIS!'

The personages in this novel are almost all historical; and the skill with which their real characters, as well as that of the gallant, superstitious, and cruel court to which they belonged, are made to serve the purposes of the author's fiction, without deviating in the slightest degree from their original and recorded peculiarities, is the more remarkable, from its rarity in works of this kind, where, as in the portraits of distinguished persons in print-shops, the name is often the only part of the original that is preserved. Madame de Tournon is here exactly what the Queen, whom she served, has painted her ;-M. de Souvré, though turned into a sentimental lover, (that common fate of all statesmen, heroes, and philosophers, that fall into the hands of French writers, and which Racine would not suffer even Achilles himself to escape), is still the same sensible and amiable man of the world who was, as history tells us, the favourite of so many kings ;-the brilliant Don John of Austria acts his part in the novel, without losing any of that splendour with which Strada and our own Hume bave invested him;-and, though Madame de Souza has had the good taste not to distinguish her facts from her fancies by pedantic reference to authorities, it is still satisfactory to trace the accuracy of her allusions, and to observe how, in this wedlock between History and liction, she has contrived to preserve all the wild beauties of the latter, without sacrificing to them any of the masculine dignity of the fornier. This is particularly remarkable in the scene between Don John and the Astrologer, (a scene of considerable effect throughout), in which the secret treaty entered into by this prince with the Duc de Guise, and his project to carry off and espouse our Mary Queen of Scots, are introduced so as to give the stamp of authenticity to fiction, and make the fairy money of fancy pass current as real.

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We know but two works with which this novel can properly be compared, the Princesse de Cleves of Madame la Fayette, and the Mademoiselle de Clermont of Madame de Genlis. The great merit of the former-in addition to its being the first of the kind-is that insinuating naïveté of detail, that uniform flow of events which, like monotony in music, wins more upon the ear and heart than all the transitions and surprises that the most fertile fancy can invent. The conclusion, however, is unsatisfactory :—that a lover should ever cease to love, however come mon in life, is against all the established rules of romance. The story of Mademoiselle de Clermont is one of those which young people will read from generation to generation. The charms of the style, the unity of the interest, and the association of both its pleasant and melancholy scenes with the beautiful forest and gardens of Chantilly, all combine to give it a degree of popularity which few of its most pretending competitors have attained. Without entering into any formal comparison between these two celebrated works and the novel before us, we shall merely say, that, in our opinion, it is in every respect worthy to take its station by their side. We have more weighty matters, however, to settle with our French neighbours:—and cannot now afford to dwell longer on this light prelude.

Art. VII. Recherches sur les Bibliotheques Anciennes et Modernes jusqu'à la Fondation de la Bibliotheque Mazarine, et sur les Causes qui ont favorisé l'accroissement successif du Nombre des Livres. Par L. C. F. Petit RADEL, Membre de l'Institut de France et de la Légion d'Honneur; Bibliothécaire Administrateur perpetuel de la Bibliotheque Mazarine. 1 Vol. Paris, 1819.

THE 'He title of this book has occasioned us some disappointment;

for it promises much more of general matter than actually follows: the real and true object of the author being to give an account of the Libraries of France--and particularly of that of which he is librarian.

Neither can we join with this learned person in his surprise that the number of libraries and of books, to which the French public has access, should be greater now than it was 30 years ago; when we recollcct, that two-fifths of the great mansions of France were demolished during that period; that government universally constituted itself the residuary legatee of their ruins; and that, after the guillotine had ceased to coin (battre moVOL. XXXIV. NO. 68.

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