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Souffre les chaînes et la servitude corporelle ; je ne te délivre que de la spirituelle à présent.

Je te suis plus un ami que tel et tel ; car j'ai fait pour toi plus qu'eux, et ils ne souffriraient pas ce que j'ai souffert de toi et ne mourraient pas pour toi dans le temps de tes infidélités et cruautés, comme j'ai fait et comme je suis prêt à faire et fais dans mes élus et au Saint-Sacrement. Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais ceur.

Je le perdrai donc, Seigneur, car je' crois leur malice sur votre assurance.

Non, car moi, par qui tu l'apprends, t'en peux guérir, et ce que je te le dis est un signe que je te veux guérir. A mesure que tu les expieras, tu les connaitras, et il te sera dit: Vois les péchés qui te sont remis. Fais donc pénitence pour tes péchés cachés et pour la malice occulte de ceux que tu connais.

Seigneur, je vous donne tout'.

Je t'aime plus ardemment que tu n'as aimé tes souillures, ut immundus pro

luto. Qu'à moi en soit la gloire et non à toi, ver et terre. Interroge ton directeur, quand mes propres paroles

1. (Vous.)

2. « Jésus meurt tout nu. Cela m'apprend à me dépouiller de toutes choses. » C'est le 16e paragraphe de l'Écrit de Jacqueline Pascal sur le mystère de la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ: « Il fut fait en conséquence d'un billet de chaque mois que la mère Agnès lui avait envoyé selon l'usage de Port-Royal (1651). » De ces pensées, qui furent conservées à Port-Royal et qu'on eut même un instant l'idée de joindre aux Pensées de Blaise Pascal, ce seul passage peut être comparé au Mystère de Jésus. Mais il était utile de les rappeler, car il est vraisemblable que le Mystère de Jésus a une origine analogue à celle des Méditations de Jacqueline.

te sont occasion de mal, et de vanité ou curiosité.

'Je vois mon abime d'orgueil, de curiosité, de concupiscence. Il n'y a nul rapport de moi à Dieu, ni à Jésus-Christ juste. Mais il a été fait péché par moi; tous vos fléaux sont tombés sur lui. Il est plus abominable que moi, et, loin de m’abhorrer, il se tient honoré que j'aille à lui et le secoure.

Mais il s'est guéri lui-même, et me guérira à plus forte raison.

Il faut ajouter mes plaies aux siennes, et me joindre à lui, et il me sauvera en se sauvant. Mais il n'en faut pas ajouter à l'avenir.

Eritis sicut dii scientes bonum et malum. Tout le monde fait le dieu en jugeant : Cela est bon ou mauvais; et s'affligeant ou se réjouissant trop des événements.

Faire les petites choses comme grandes, à cause de la majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous, et qui vit notre vie; et les grandes comme petites et aisées, à cause de sa toute-puissance.

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90] Il me semble que Jésus-Christ ne laisse toucher

que ses plaies après sa résurrection : Noli me tangere. Il ne faut nous unir qu'à ses souffrances.

1. Page 99 du manuscrit.
2. Gen., III, 5. Cf. fr. 500.
3. Grandes

554 Cf. Faug., II, 328; lav., XXV, 298 ot_209; Mol., II, 33; Mich., 252.

4. (Sed.] – Joan., XX, 17: Dicit ei Jesus : Noli me tangere, nondum enim ascendi ad Patrem meum.

Il s'est donné à communier comme mortel en la Cène, comme ressuscité aux disciples d'Emmaüs. comme monté au ciel à toute l'Église.

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2

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107]

Ne te compare point aux autres, mais à moi'. Si tu ne m'y trouves pas, dans ceux où tu te compares, tu te compares à un abominable. Si tu m'y trouves, compare-t’y. Mais qu'y compareras-tu ? sera-ce toi, ou moi dans toi ? Si c'est toi, c'est un abominable ?. Si c'est moi, tu compares moi à moi '. Or je suis Dieu en tout.

Je te parle et te conseille souvent, parce que ton conducteur ne te peut parler ; car je ne veux pas que tu manques de conducteur.

Et peut-être je le fais à ses prières, et ainsi il te conduit sans que tu le voies. Tu ne me chercherais pas si tu ne me possédais.

Ne t'inquiète donc pas.

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Cf. Faug., I, 233; Hav., XXV, 209, 7 et XXV, 209, 6; Mol., II, 33 ;

Mich., 277

1. (Ils ne sont pas.

2. N'y a t-il pas un souvenir d'un passage de saint Augustin (in. Ps. 121] que cite Jansénius (de Natura lapsa, IV, 11): « Qui sibi placet stulto homini placet quia stultus est ipse qui sibi placet. Solus securus placet qui Deo placet » ?

3. « Propter Deum enim amat amicum qui Dei amorem amat in amico. » (Saint Augustin, contra Faustum, XX, 78, apud Jansenius, ibid., II, xvi.)

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